Vous avez payé un site il y a deux ans. Il est en ligne, plutôt joli, et il ne vous a jamais amené un chantier. Vous n'êtes pas un cas isolé, et le problème n'est presque jamais celui qu'on vous vend au téléphone.
Vous avez peut-être lu que « 90 % des sites d'artisans sous-performent ». J'ai cherché d'où sort ce chiffre. Il ne sort de nulle part : aucune étude publique ne le porte, et il ne vit que sur des blogs d'agences qui ne citent jamais leur source. Je ne vais donc pas m'en servir.
Ce qui se mesure vraiment est moins spectaculaire et plus embêtant. Le Baromètre France Num 2025, réalisé par le Crédoc auprès de 11 021 entreprises, compte 65 % de TPE et PME équipées d'un site, et 44 % seulement à déclarer qu'au moins 5 % de leurs clients viennent d'internet. Elles étaient 52 % un an plus tôt. Le site est là, l'effet ne suit pas.
Le bâtiment est le secteur qui y croit le moins : parmi celles qui ont un site, 48 % y voient un moyen d'acquérir des clients tous secteurs confondus, 39 % dans le bâtiment. Voici les cinq causes que je retrouve quand un artisan me montre un site qui ne ramène rien, et le moyen de vérifier laquelle vous concerne. Comptez vingt minutes, sans outil payant.
Cause n°1 : Google n'a jamais mis votre site dans son index
C'est la première chose à vérifier, et celle à laquelle personne ne pense. Un site en ligne n'est pas un site référencé : la seconde n'est pas automatique.
Google l'écrit noir sur blanc dans sa documentation : il ne garantit pas qu'il explorera, indexera ou affichera votre page, même si elle respecte toutes ses recommandations (Google Search Central, « How Search works »). Un site peut donc vivre des années sans jamais être entré dans la base à partir de laquelle les résultats sont fabriqués. Search Console a même deux statuts pour ça : « détectée, actuellement non indexée » et « explorée, actuellement non indexée ».
Le test prend trente secondes. Tapez dans Google : site: suivi de votre adresse, sans espace, par exemple site:monentreprise.fr. Si Google affiche vos pages, vous êtes dans l'index. S'il affiche zéro résultat, tout le reste de cet article ne vous concerne pas encore : c'est ce point qu'il faut régler d'abord.
Les causes habituelles se comptent sur une main. Une balise « ne pas indexer » oubliée après la mise en ligne. Un robots.txt hérité du site de test. Un plan de site jamais soumis. Aucune n'est grave, toutes sont invisibles depuis le site lui-même.
Cause n°2 : le site répond à une question que personne ne pose
Le deuxième défaut est éditorial, et c'est le plus fréquent. La page d'accueil s'ouvre sur « Bienvenue chez Dupont et Fils, votre partenaire de confiance depuis 1998 ». Personne ne tape ça dans Google.
Ce que les gens tapent, c'est « plombier Lattes », « fuite chauffe-eau urgence Montpellier », « prix ravalement façade maison ». Des mots de métier, un lieu, parfois un prix ou une urgence. Si ces mots ne figurent nulle part sur votre site, Google n'a aucune raison de vous proposer.
Le décalage se mesure vite. Lisez le titre de l'onglet de votre page d'accueil : contient-il votre métier et votre commune ? Sur la moitié des sites que j'ouvre, c'est le nom de l'entreprise et rien d'autre. Trois mots qui ne servent qu'aux gens qui vous connaissent déjà.
Le même raisonnement vaut page par page. Une page « Nos services » qui liste douze prestations en douze lignes ne se positionne sur aucune. Douze pages, une par prestation, avec le vocabulaire réel du client, se positionnent chacune sur la sienne. J'ai détaillé cette mécanique dans le SEO local pour artisans.
Cause n°3 : il est trop lent sur un téléphone
Votre client vous cherche debout, sur son portable, avec deux barres de réseau. Vous, vous regardez votre site sur l'ordinateur du bureau, en fibre. Vous ne voyez jamais ce qu'il voit.
Google publie trois seuils chiffrés pour dire si une page est confortable. Le contenu principal doit s'afficher en moins de 2,5 secondes. La page doit réagir à un clic ou à une frappe en moins de 200 millisecondes. Et elle ne doit pas sauter sous le doigt pendant le chargement, ce qui se mesure par un indice de stabilité qui doit rester sous 0,1. Ces valeurs sont celles de Google, publiées sur sa page de référence sur les Core Web Vitals, et elles s'apprécient sur les 75 % de visites les plus représentatives, pas sur un essai isolé.
Un site d'artisan dépasse ces seuils pour des raisons banales. Des photos de chantier mises en ligne telles quelles, à quatre méga-octets pièce. Un carrousel qui tourne en boucle. Trois polices chargées pour deux titres.
Le test est gratuit : PageSpeed Insights, l'outil de Google. Regardez la colonne mobile, pas celle de l'ordinateur. C'est celle qui compte, et c'est presque toujours celle qui est rouge.
Le test de vingt minutes, sur votre propre site, sans rien payer.
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Tapez
site:votredomaine.frdans GoogleZéro résultat : votre site n'est pas dans l'index. C'est le point de départ, avant tout le reste. - Lisez le titre de l'onglet de votre page d'accueilS'il ne contient ni votre métier ni votre commune, vous ne pouvez pas sortir sur « métier + ville ».
- Passez votre accueil dans PageSpeed Insights, onglet mobileNotez la note et le temps d'affichage du contenu principal. Au-delà de 2,5 secondes, vous perdez des gens avant même la première ligne.
- Cherchez le nom de votre entreprise dans Google, sur votre téléphoneVotre fiche Google apparaît-elle ? Renvoie-t-elle vers le site ? Les horaires sont-ils les bons ?
- Envoyez-vous une demande depuis votre propre formulaireSi le message n'arrive pas, ou s'il tombe dans les indésirables, vous perdez des clients depuis le premier jour sans le savoir.
Cause n°4 : votre fiche Google et votre site s'ignorent
Pour un artisan, la fiche Google Business fait souvent plus de travail que le site : c'est elle qui apparaît avec la carte, les avis et le bouton d'appel. Beaucoup en ont une, remplie à moitié, jamais reliée à leur site.
Les deux se renforcent quand ils disent la même chose. L'adresse au caractère près des deux côtés. Le même numéro. Le lien de la fiche qui pointe vers le site, pas vers une page Facebook. Les mêmes horaires, tenus à jour l'été. Google recoupe exactement ces signaux-là pour décider s'il vous fait confiance de près.
J'ai comparé ce que chacun sait faire dans fiche Google ou site web. Le résumé tient en une phrase : la fiche capte la recherche du moment, le site porte tout ce qui ne rentre pas dans une fiche, et il vous appartient là où la fiche reste chez Google.
Cause n°5 : on ne peut pas vous joindre en un geste
Le dernier défaut est le plus bête et le plus coûteux. Le visiteur est convaincu, il veut vous joindre, et il n'y arrive pas assez vite.
Un numéro écrit en texte, sur lequel on ne peut pas appuyer depuis un mobile. Un formulaire de neuf champs, adresse postale comprise, alors qu'un nom, un numéro et deux lignes suffisent. Un bouton de contact tout en bas, après six sections de présentation. Un formulaire branché sur une adresse mail qui n'existe plus depuis le changement de fournisseur.
Remplissez votre propre formulaire, avec un vrai message, depuis votre téléphone. Regardez si le mail arrive, en combien de temps, et dans quel dossier. Je trouve un formulaire cassé environ une fois sur cinq quand je reprends un site existant, et le propriétaire l'ignore toujours : un formulaire en panne ne prévient personne, il fait juste le silence.
Ce qui se répare tout de suite, et ce qui demande de recommencer
Ces causes ne pèsent pas le même poids. Un formulaire cassé, un numéro non cliquable, une fiche mal reliée : une demi-journée, sur le site que vous avez déjà. Une indexation bloquée se règle en une heure quand on sait où regarder.
En revanche, un site dont les pages ne parlent pas le vocabulaire des clients, ou qui met six secondes à s'afficher parce qu'il repose sur un thème acheté et douze extensions, ne se rattrape pas par retouches. Le contenu est à réécrire, la base technique à changer. J'en ai décrit le déroulé dans la refonte d'un site d'artisan.
Un mot sur les délais, parce que c'est là que les vendeurs mentent le plus. Google prévient que l'effet d'un changement peut prendre de quelques heures à plusieurs mois, et sa documentation est nette sur le reste : personne ne peut garantir la première place, et il faut se méfier de qui prétend avoir une relation privilégiée avec lui. Ce qui se garantit, c'est le travail livré, pas le classement.
Combien coûte de repartir sur une base saine
Chez moi, un site d'artisan démarre à 550 € HT, en paiement unique sur devis ferme, livré en 14 jours ouvrés. Les cinq points ci-dessus sont traités dedans, pas en supplément : indexation vérifiée, pages écrites sur le vocabulaire réel, poids des images maîtrisé, fiche Google reliée, formulaire testé en conditions réelles avant la mise en ligne.
Ensuite vous choisissez : rien du tout (0 €, je vous transfère le site, le domaine et les accès), Essentiel à 19 € HT/mois pour l'hébergement, les mises à jour et les sauvegardes, ou Croissance à 49 € HT/mois si vous voulez qu'on écrive et qu'on retouche à votre place. Vous restez propriétaire du site et du nom de domaine dans les trois cas.
Avant de dépenser un euro, faites le test plus haut. Il arrive qu'il ne manque que deux réglages, et je préfère vous le dire que vous vendre une refonte inutile. Les fourchettes du marché sont dans combien coûte un site internet pour un artisan, et ce qu'il faut vérifier sur un devis avant de signer dans comment choisir une agence web.
Envoyez-moi l'adresse de votre site. Je vous dis laquelle des cinq causes vous concerne, et ce que ça demande de réparer. Je vous laisse regarder le test avant, ça rendra l'échange plus court.