« D'accord pour la création. Mais après, ça me coûte combien par mois ? » C'est la question qui bloque le plus de projets, parce que c'est celle sur laquelle le marché est le plus opaque. Certains artisans paient 6 € par mois. D'autres 99 €. Pour un site strictement identique.
La bonne nouvelle : le coût mensuel d'un site internet d'artisan se décompose en trois postes seulement, et chacun a un prix de marché connu. Une fois qu'on les a en tête, une facture gonflée se repère en trente secondes.
Trois postes, et seulement trois
Un site vitrine en ligne, c'est une adresse, un serveur qui répond quand on tape cette adresse, et quelqu'un qui s'assure que l'ensemble fonctionne encore dans six mois. Tout ce qu'on vous facture au-delà de ces trois choses est soit une prestation supplémentaire — que vous devez pouvoir nommer —, soit de la marge.
Cette clarté a une conséquence pratique : demandez toujours une facture qui distingue les postes. Un prestataire qui refuse de détailler un forfait mensuel « tout compris » vous dit quelque chose d'important sur la suite. C'est d'ailleurs l'un des cinq signaux que nous listons dans les 5 pièges à éviter avant de signer.
Le nom de domaine : 1 € par mois, et une règle absolue
Votre adresse — monentreprise.fr — se loue à l'année auprès d'un bureau d'enregistrement. Pour un « .fr », comptez 10 à 15 € HT par an. Pas par mois : par an. C'est le poste le moins cher et le plus important des trois, parce que c'est le seul qui soit vraiment irremplaçable : un site se refait, une adresse connue de vos clients et indexée par Google ne se rachète pas.
D'où la règle, qui ne souffre aucune exception : le domaine doit être déposé à votre nom, avec votre e-mail comme contact propriétaire. Pas au nom de l'agence, pas au nom du cousin qui a monté le site en 2019 et qu'on ne joint plus. Le titulaire d'un « .fr » est une donnée publique : vous pouvez le vérifier vous-même en une minute via le service de recherche de l'Afnic, le registre officiel du « .fr ».
Si un prestataire vous facture 15 € par mois « pour le nom de domaine », il vous facture douze fois le prix réel. Ce n'est pas illégal — c'est simplement à savoir.
L'hébergement : pourquoi 5 € suffisent (et quand ils ne suffisent plus)
L'hébergement, c'est la place que votre site occupe sur un serveur allumé en permanence. Pour un site vitrine d'artisan — quelques pages, un formulaire, des photos —, un hébergement mutualisé à 3 à 10 € HT/mois fait parfaitement l'affaire. La question n'est pas la puissance : aucun site d'artisan ne sature un serveur moderne.
Ce qui compte vraiment, c'est trois détails : le certificat de sécurité (le cadenas « https », aujourd'hui gratuit et non négociable — un site en « http » est signalé comme non sécurisé par les navigateurs), les sauvegardes automatiques avec possibilité de restaurer, et la localisation européenne des données, plus simple à défendre côté RGPD.
Le prix grimpe légitimement dans deux cas seulement : une boutique en ligne avec paiement, ou un site à gros trafic. Un site vitrine facturé 40 €/mois « d'hébergement », non : ce que vous payez là, c'est autre chose, et vous avez le droit de savoir quoi. Les plateformes en ligne type Wix ou Squarespace fonctionnent différemment — hébergement et outil sont indissociables, ce qui a ses avantages et ses limites : nous comparons les trois approches dans WordPress, Wix ou agence : quel choix pour un artisan ?
Un poste passe souvent sous le radar : l'adresse e-mail professionnelle. Écrire à contact@monentreprise.fr plutôt qu'à une adresse en @gmail.com change la perception d'un devis, surtout face à un client qui hésite entre deux artisans. Certains hébergeurs l'incluent, d'autres la facturent quelques euros par boîte et par mois. Posez la question avant, pas au moment où vous découvrez la ligne sur la facture — et vérifiez que la boîte reste accessible si vous changez de prestataire.
La maintenance : le seul poste qui varie vraiment
C'est ici que tout se joue, et c'est le poste que personne ne définit. « Maintenance » peut vouloir dire : rien du tout ; les mises à jour de sécurité ; ou les mises à jour plus les retouches de contenu, les nouveaux articles et le suivi de trafic. Entre les deux extrêmes, il y a un facteur dix sur la facture.
Ce qu'il faut absolument couvrir : les mises à jour techniques, la surveillance (un formulaire de contact qui cesse d'envoyer les demandes est une panne invisible — on ne s'en aperçoit qu'en constatant que le téléphone ne sonne plus), les sauvegardes, et un interlocuteur qui répond quand le site tombe.
Ce qui est une prestation à part, à facturer comme telle : écrire de nouveaux contenus, modifier des textes, ajouter des pages. C'est légitime — c'est du travail — mais ça doit être nommé, pas dissous dans un forfait vague. La bonne question à poser : « Qu'est-ce qui est inclus, et qu'est-ce qui est facturé en plus ? »
Le grand absent de ce graphique : l'offre « sans apport, 99 € par mois ». Elle sort de l'échelle — près de 3 600 € sur trois ans, et souvent sans que le site vous appartienne à l'arrivée. Ce n'est pas de la maintenance : c'est un crédit à la consommation déguisé, dont le taux ne dit pas son nom. Les fourchettes de création, elles, sont détaillées dans combien coûte un site internet pour un artisan en 2026.
Combien devriez-vous payer ?
Cela dépend d'une seule chose : ce que vous voulez faire vous-même. Trois cas de figure couvrent la quasi-totalité des artisans.
Vous voulez qu'on n'en parle plus
Le site est en ligne, il doit le rester et rien ne bougera. Domaine, hébergement, mises à jour, sauvegardes, surveillance : c'est tout, et c'est suffisant pour la majorité des artisans.
Vous voulez que le site travaille
Nouveaux contenus réguliers, retouches, suivi des positions. Là, on ne paie plus de la maintenance mais du référencement — et ça se mesure en demandes de devis reçues.
Vous êtes autonome
Vous gérez domaine et hébergement vous-même. Le coût tombe au prix coûtant — à condition d'accepter de surveiller, sauvegarder et intervenir quand ça casse.
Notre grille suit exactement cette logique : création à partir de 550 € HT en paiement unique, puis trois formules sans engagement — Sans abonnement (0 € : on vous transfère site, domaine et accès), Essentiel (19 € HT/mois : hébergement, domaine, mises à jour, sauvegardes, support) ou Croissance (49 € HT/mois : Essentiel + 2 articles SEO et 1 retouche par mois). Le domaine est à votre nom dans les trois cas.
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