Un site internet pour carreleur a un avantage que peu de métiers possèdent : votre travail est spectaculaire en photo. Une salle de bain refaite, une terrasse en grès cérame, un grand format posé sans un joint de travers — ces images se suffisent à elles-mêmes. Le problème, c'est qu'elles dorment presque toujours dans un téléphone, pendant que le client, lui, cherche sur Google.
Car le carrelage est un métier de rendu : on vous confie un chantier sur la base d'un résultat qu'on ne peut pas encore voir. Tout l'enjeu du site est donc de montrer ce résultat à l'avance, et d'éliminer les inquiétudes qui restent — délais, propreté, garanties. Voici comment le construire, section par section.
L'avant/après : la page qui déclenche le devis
C'est la page la plus consultée d'un site de carreleur, et de loin. Une salle de bain des années 80 en carreaux beiges, puis la même en grand format clair : le contraste raconte votre valeur mieux que n'importe quel paragraphe. Le client se projette immédiatement, parce qu'il reconnaît sa propre pièce dans le « avant ».
La méthode tient en trois règles simples. Le même point de vue pour les deux photos : un avant/après pris sous deux angles différents perd tout son effet. La lumière du jour, volets ouverts, plafonnier éteint : les couleurs d'un carrelage sont faussées par l'éclairage artificiel. Et une légende factuelle : type de pose, format et matériau, surface, durée du chantier, commune. Cette légende travaille pour le référencement autant que pour la conviction.
L'obstacle n'est jamais technique, il est organisationnel : la photo « avant » doit être prise le premier jour, quand personne n'y pense. Le réflexe qui règle le problème : deux minutes de photos systématiques à l'arrivée sur chaque chantier, avant même de sortir le matériel. En un an d'activité, vous disposez d'une galerie que vos concurrents ne rattraperont pas, parce qu'on ne reconstitue pas rétroactivement des « avant ».
Un mot sur la sélection : mieux vaut douze chantiers vraiment représentatifs, bien photographiés, que quarante vues moyennes. La galerie doit couvrir vos différents savoir-faire plutôt que répéter dix fois la même salle de bain — c'est ce que j'expliquais déjà à propos des menuisiers : une réalisation montrée sert à prouver une compétence, pas à remplir une page.
Une page par prestation, et par support
Votre métier couvre des travaux très différents, que les clients cherchent séparément : carrelage de sol, faïence de salle de bain, terrasse et extérieur, plage de piscine, grand format, mosaïque, rénovation sans dépose, chape et ragréage. Une page unique « nos prestations » ne ressort sur aucune de ces recherches. Une page par prestation ressort sur chacune.
Cette découpe sert aussi la conversion. Quelqu'un qui cherche une terrasse en grès cérame n'a pas les mêmes questions qu'un propriétaire qui veut refaire sa salle de bain : contraintes de gel, pente d'écoulement et plots réglables d'un côté ; étanchéité, receveur à l'italienne et délai d'immobilisation de la pièce de l'autre. Chaque page répond à ses propres objections, avec ses propres photos.
Deux prestations méritent une attention particulière parce qu'elles sont très recherchées et rarement bien traitées. La rénovation sans dépose — poser sur l'existant — rassure les clients qui redoutent le chantier lourd ; dites clairement dans quels cas c'est possible. Et le grand format, technique et valorisant : c'est un marqueur de niveau qui justifie un tarif supérieur, à condition de le montrer.
Précisez enfin votre positionnement : neuf ou rénovation, particuliers ou marchés professionnels, sous-traitance pour des entreprises générales. Un maître d'ouvrage professionnel qui cherche un carreleur pour un lot n'a pas envie de deviner si vous travaillez avec des entreprises.
Rassurer sur le chantier, pas seulement sur le résultat
Le carrelage se pose chez les gens, souvent dans la seule salle de bain du logement, avec de la poussière, du bruit et une pièce inutilisable pendant plusieurs jours. C'est cette perspective, bien plus que le prix, qui fait hésiter un particulier. Un site qui l'aborde franchement se distingue immédiatement.
Une page « comment se déroule un chantier » suffit : durée moyenne selon le type de travaux, protection des sols et des meubles, gestion des gravats, aspiration à la source, remise en état en fin de journée. Rien d'extraordinaire — c'est votre pratique habituelle — mais l'écrire noir sur blanc répond à une inquiétude que le client n'ose pas toujours formuler au téléphone.
Ajoutez-y ce qui vous engage : assurances, garanties applicables à vos travaux, qualifications éventuelles, années d'expérience et numéro SIRET. Dans un métier où le défaut de pose se voit des années plus tard — un joint qui file, un carreau qui sonne creux — la solidité de l'entreprise fait partie du produit. Et si vous respectez les règles de l'art propres au carrelage, dites-le : c'est un argument que le client ne sait pas vérifier seul, mais qu'il comprend.
Ce que la page réalisations d'un carreleur doit contenir pour transformer une visite en demande de devis.
- Avant et après sous le même angleDeux photos du même point de vue : c'est le contraste qui convainc, pas la belle image seule.
- Matériau, format et type de poseGrès cérame, faïence, mosaïque, pose droite ou décalée : le vocabulaire que vos clients tapent sur Google.
- Surface et durée du chantier« 18 m², 4 jours » : le client se projette et se rassure sur l'immobilisation de la pièce.
- La commune du chantierChaque réalisation localisée nourrit votre référencement sur votre zone réelle.
- Un détail en gros planUne coupe nette, un angle, une jonction : c'est là que se lit le niveau d'un carreleur.
- Un bouton de devis sur chaque réalisationL'envie naît devant la photo : le formulaire doit être à portée de pouce.
SEO local : « carreleur + ville » et les requêtes de projet
Vos clients cherchent de deux façons. Par métier et par lieu d'abord — « carreleur + ville », « pose carrelage + ville », « carreleur faïencier + ville ». Par projet ensuite — « refaire une salle de bain », « terrasse carrelée sur plots », « poser du carrelage sur un ancien ». Le premier type de requête est capté par votre page d'accueil et vos pages de zone ; le second par vos pages de prestation et vos réalisations.
C'est précisément pour ça que la découpe par prestation compte : elle vous fait exister sur des recherches que vos concurrents ignorent, parce qu'ils n'ont qu'une page fourre-tout. Ajoutez une fiche Google Business Profile complète, reliée au site, avec vos photos de chantiers et des avis récoltés en fin de travaux, et vous couvrez l'essentiel. La méthode détaillée est dans mon guide du SEO local pour artisans.
Un levier propre à votre métier : les prescripteurs. Cuisinistes, magasins de matériaux, plombiers, architectes d'intérieur et entreprises générales orientent régulièrement leurs clients vers un carreleur. Un site qui montre vos réalisations leur donne quelque chose à transmettre — un lien plutôt qu'un numéro griffonné. Ce sont, en pratique, les demandes les mieux qualifiées que vous recevrez.
Les avis méritent enfin une routine à part entière, parce qu'ils pèsent double : sur votre classement dans les résultats locaux, et sur la décision du client au moment de choisir entre deux devis proches. Le bon moment pour les demander est la fin de chantier, quand le client vient de découvrir sa pièce terminée : un SMS avec le lien direct vers votre fiche suffit, et le taux de réponse est sans commune mesure avec une demande faite trois semaines plus tard.
Répondez à chacun, y compris aux rares négatifs : une réponse posée à une critique rassure davantage qu'une fiche muette affichant cinq étoiles. Et reprenez vos meilleurs avis sur le site lui-même, à côté des réalisations correspondantes : la preuve sociale doit se trouver là où se prend la décision, pas seulement sur la carte Google.
Dernier point technique, souvent décisif dans votre métier : la vitesse d'affichage. Un site de carreleur est un site chargé en images, consulté majoritairement depuis un téléphone, parfois en déplacement. Des photos non optimisées peuvent tripler le temps de chargement et faire partir le visiteur avant même que la galerie n'apparaisse. Compression, formats modernes et chargement différé ne sont pas des raffinements : sur un site de réalisations, c'est la condition pour que le travail soit vu.
Du site au devis : un formulaire qui vous fait gagner des déplacements
Un carreleur perd un temps considérable en visites de courtoisie : se déplacer pour découvrir que la surface est deux fois plus petite qu'annoncée, que le support est inexploitable, ou que le budget n'a aucun rapport avec la réalité. Un formulaire bien pensé filtre tout cela en amont.
Les champs utiles sont peu nombreux : type de pièce, surface approximative en m², support existant (carrelage, chape, parquet, dalle brute), travaux souhaités, commune, échéance envisagée — et surtout la possibilité de joindre deux ou trois photos. Une photo de l'existant vous en apprend plus que dix minutes de conversation téléphonique, et vous permet souvent de donner une première fourchette sans bouger.
Gardez le numéro de téléphone visible en permanence, cliquable sur mobile : une partie de vos clients ne remplira jamais un formulaire. Les deux canaux se complètent — l'un capte l'impatient, l'autre celui qui prépare son projet le soir et n'osera pas appeler à 22 h.
Combien ça coûte, en combien de temps ?
Chez moi, un site de carreleur — galerie avant/après, pages par prestation, déroulé de chantier, zones d'intervention, formulaire de devis avec photos, SEO local et AEO inclus — démarre à 550 € HT, en paiement unique sur devis ferme, livré en 14 jours ouvrés du brief à la mise en ligne. Ensuite, trois formules sans engagement (0, 19 ou 49 € HT/mois) selon le suivi souhaité. Les fourchettes du marché sont détaillées dans combien coûte un site internet pour un artisan, et le déroulé des deux semaines dans délai de création d'un site internet.
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